Kopfzeile

Les skieurs

Raymond Fellay, Roland Collombin, Philippe Roux, William Besse, Justin Murisier... Ils sont nombreux à avoir inscrit leurs prouesses dans le grand livre du cirque blanc. A croire que la compétition fait partie de l'ADN de notre région.

 

Raymond Fellay (1932-1994)
Raymond Fellay est le premier sportif bagnard à avoir inscrit son nom dans l’histoire des Jeux Olympiques d’hiver. En 1956, ce Verbiérain de 24 ans se hisse à la deuxième place de la descente de Cortina d’Ampezzo, derrière l’Autrichien Toni Sailer. Il y remporte la médaille d’argent et décroche, du même coup, celle des championnats du monde. Un beau doublé.

A cette même époque, il ouvre, en compagnie de son épouse Monique, le premier magasin de mode et de sport dans la station valaisanne. Aujourd’hui encore, le nom de Fellay s’inscrit deux fois en lettres capitales sur les enseignes d’un commerce de la place centrale et au départ des remontées mécaniques de Médran.

Parallèlement à sa carrière sportive, l’enfant du pays s’engagea également en politique en tant que député du Grand Conseil.

 

Roland Collombin (1951)
Tout comme Bernhard Russi, son grand rival et ami, Roland Collombin a inscrit son nom dans la légende des skieurs suisses d’exception. Sélectionné in extremis pour les Jeux Olympiques de Sapporo en 1972, il réussit un doublé en décrochant la médaille d’argent de la descente et le titre de champion du monde de la discipline.

Dès lors, le natif de Versegères marquera de son empreinte tous les grands rendez-vous du ski du début des années 70. Son style explosif et sa volonté de gagner à tout prix feront de «La Colombe» un champion hors du commun. Entre 1973 et 1974, il domine les épreuves de descente et rafle deux globes de cristal et huit victoires en Coupe du monde. Mieux encore, il se hisse onze fois sur le podium.

En 1974, il est victime d'une terrible chute lors de l'entraînement sur la piste Oreiller-Killy de Val d'Isère. Résultat : fissure d’une vertèbre, sa saison est terminée. Il revient l'année suivante et le 7 décembre 1975 à Val-d'Isère, c'est à nouveau une chute impressionnante au même endroit, la fameuse «bosse à Collombin »à laquelle il donnera son nom. Il se retrouve au Centre pour paraplégiques de Bâle. A 24 ans, sa carrière sportive s'arrête net.

Il doit alors de se réinventer. Après une série de petits boulots, il trouve son second souffle en devenant propriétaire de bistrot. En 2015, «La Colombe» ouvre un bar à raclettes à Martigny-Bourg. Il lui donnera le nom de celle qui est pour lui la descente reine, à savoir la redoutable Streif de Kitzbühel.

 

Philippe Roux (1952)
Autre as de la descente qui a marqué de son empreinte les années 70 : Philippe Roux. Engagé en Coupe du monde de 1972 à 1979, il frôlera la médaille olympique des J.O. d’Innsbruck. Il rate le bronze pour seulement dix centièmes! Côté palmarès, six podiums, tous en descente, et deux titres de champion suisse de descente (1975 et 1976) forgeront la légende de ce Verbiérain.

Mais ce n’est pas uniquement dans le cirque blanc que ce mordu de vitesse a écrit son nom. Passionné de course automobile et de rallye depuis tout petit, il aura la chance de croiser la route et de se faire remarquer par le triple champion du monde de formule 1 de l’époque, Jackie Stewart, qui l’enverra au championnat de Formule Ford en Angleterre.

Un accident à Silverstone l’obligera à renoncer au cycle professionnel. Qu’à cela ne tienne, jusqu’en 2014, le pilote participera à de nombreuses épreuves du championnat suisse des rallyes. A trois reprises (1978, 1988, 1992), il se hissera sur la plus haute marche du podium du Rallye du vin (devenu Rallye du Valais). Avec 32 départs à son actif, il détient un record de longévité.

Comme son prédécesseur Raymond Fellay, Philippe Roux possède un magasin de sports à son enseigne au cœur de la station de Verbier.

 

William Besse (1968)
Dans la liste des Bagnards qui ont marqué triomphalement l’histoire du cirque blanc, William Besse n’est pas en reste, lui qui a aligné pas moins de treize saisons en Coupe du monde. Né presque sur des skis (il s’y met dès l’âge de 3 ans), il décroche à 18 ans le titre de champion du monde junior de descente.

Fin 1987, le Brusonnain fait son entrée dans la cour des grands. Sa meilleure saison, il l'effectuera en 1994 en remportant la course mythique que tout descendeur rêve de remporter, l'impressionnant Lauberhorn à Wengen. Puis il enchaîne avec une victoire à Vail dans le Colorado (USA). Au final, il totalise pas moins de quatre victoires en Coupe du monde et quatorze podiums au plus haut niveau. A ce palmarès viennent s’ajouter cinq titres de champion suisse, dont quatre en descente et un en super G.

S’il met fin à sa carrière sportive fin 1999, il n’est pas du genre à tirer un trait définitif sur le passé. Quinze ans durant, il officiera en tant que consultant pour les épreuves de ski alpin pour la Radio Télévision Suisse. Professeur de ski l’hiver, il a aussi su se réinventer en alliant l’artisanat (il est sculpteur à la tronçonneuse) et l’entreprenariat : en 2002, il fonde sa propre société RenovaBagnes (rénovation en tous genres). Engagé en politique, il entre au Conseil communal de Bagnes en 2013.

 

Justin Murisier (1992)
Venu enrichir la liste des skieurs bagnards de renom, Justin Murisier a connu un début de carrière auréolé de victoires. Non content d’avoir été triplement sacré aux championnats suisses (en 2010 en géant et en super-combiné, puis en 2016 en géant), il a aussi remporté, en 2011, trois médailles aux Mondiaux juniors de Crans-Montana (de bronze en super-G, d’argent en slalom et en combiné).

Originaire de Prarreyer, né à Martigny, le skieur brillera aussi en Coupe d’Europe, où il montera par trois fois sur le podium. Sélectionné à deux reprises pour les Jeux Olympiques (Sotchi en 2014 et Pyeongchang en 2018), ses meilleurs classements en Coupe du monde restent ses quatrièmes places en 2016 à Santa Caterina et en 2017 à Alta Badia.

Souvent malchanceux, le champion a connu les soubresauts de l’adversité. Il a été forcé de raccrocher, trois hivers durant, pour cause de blessures à répétition.