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Les cinéastes et acteurs

Si l'actrice suisse Marthe Keller a déclaré lors d'une interview: "Les vaches de Verbier connaissent tous mes rôles", d'autres artistes ont pour moteur et focale notre région alpine. Zoom avant... 

Pierre-Antoine Hiroz (1961)
Tour à tour forestier, professeur de ski et guide de montagne, Pierre-Antoine Hiroz, né en 1961 au Levron, a très vite choisi de regarder le monde à travers l’œil d’une caméra. Son premier film, tourné quasi en autodidacte, sort en 1985. Intitulé «Je veux le soleil debout», celui-ci le propulse en pleine lumière. Ce documentaire consacré à son frère atteint de trisomie 21 lui permet de rafler une quinzaine de distinctions au niveau international, dont le Grand prix du Super Festival de Los Angeles en 1986.

Attentif aux exploits sportifs effectués en terrains difficiles, ce réalisateur a plusieurs cordes à son «art». Alternant long-métrages de fiction, téléfilms, documentaires et séries, il aime travailler dans des registres différents. Souvent associé à Benoît Aymon côté petit écran romand, il réalisera nombre de reportages à l’enseigne de «Passe-moi les jumelles», dont «Secours en montagne», série plébiscitée par le public de la TSR (actuelle RTS) et d’Arte, ou encore «Profession: guide de montagne».

Côté fiction aussi, l’environnement alpin n’est jamais très loin. Au rang de ses succès, signalons, entre autres, «Le combat des reines», «L'Enfant et les loups», «Premier de cordée» ou «La Grande crevasse».

 

Pascale Rocard (1960)
Actrice, réalisatrice, productrice, romancière, photographe, Pascale Rocard, née en 1960, aime à conjuguer l’art à tous les temps. D'origine française, celle qui se dit artisan-artiste a choisi de s’installer en montagne par amour. En 1995, elle a en effet uni sa destinée à celle de Pierre-Antoine Hiroz. C’est désormais entre Verbier et Paris que se partage sa vie. Sa carrière a d’ailleurs été saluée par la commune de Bagnes qui lui a décerné le diplôme de Mérite culturel spécial 2018.

Dense, sa filmographie compte une soixantaine de tournages effectués aussi bien sur les plateaux de cinéma que de télévision. On a notamment pu la voir aux côtés de

Thierry Lhermitte et Daniel Auteuil dans «L’Indic», de Gérard Depardieu dans «Police» de Maurice Pialat, dans «Le combat de reines» et dans la série «Sauvetage». Elle s’est aussi réinventée derrière la caméra le temps de quelques court-métrages ; elle s’est frottée au théâtre et a même osé le «seule en scène». Non contente d’avoir rédigé plusieurs scénarios, la dame multifacettes s’est aussi essayée au roman en publiant «Le grain de sable» en 2000.

 

Marthe Keller (1945)
Atypique, foisonnante, éclectique, la carrière de Marthe Keller est tout bonnement exceptionnelle. Star à Hollywood, comédienne réputée en Europe, elle a tourné avec les plus grands réalisateurs, de Sydney Pollack à Clint Eastwood, elle a donné la réplique à des géants du septième art comme Dustin Hoffman, Marlon Brando, Al Pacino (dont elle fut la compagne), Laurence Olivier mais aussi Marcello Mastroianni, Isabelle Huppert, Philippe Noiret. Naviguant entre Paris, New York et Verbier, son port d’attache et havre de paix, cette grande dame qui est aussi l’une des marraines du Verbier Festival Academy incarne à la fois l’élégance et la simplicité.

Toujours avide de nouvelles aventures théâtrales ou cinématographiques, l’actrice quadrilingue n’en finit pas de se raconter au futur et en mode pluriel. Ces dernières années, elle s’est notamment frottée à la mise en scène d’opéra, à Londres, Strasbourg et New York. A l’âge où nombre d’actrices conjuguent leur destin au passé, la Suissesse n’a de cesse d’évoluer devant les caméras aussi bien en Suisse – par exemple «Dévoilées» de Jacob Berger (2018), «Petite sœur» de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond (2020) – qu’en France, en Allemagne, en Italie ou aux Etats-Unis.