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Les hommes politiques et les bâtisseurs

Visonnaires, audacieux, ces pionniers se sont engagés et ont largement participé au développement de la commune. 

 

Maurice Troillet (1880-1961)
Né en 1880, Maurice Troillet a marqué le monde politique par sa longévité puisqu’il régna près d’un demi-siècle sur le Valais. Avocat de formation mais banquier de profession, ce ressortissant du Châble fut élu président de la commune de Bagnes en 1909, mais dut se retirer la même année à la suite de sa nomination comme préfet d'Entremont.

Conseiller d'Etat, il dirigea le Département de l'intérieur de 1913 à 1953. Responsable du développement économique, agricole et viticole du Valais, il s'efforça d'améliorer les conditions d'existence de la population rurale. Son chef-d’œuvre restera la correction du Rhône et l’assèchement des marais de la plaine. On y ajoutera la création des écoles d’agriculture de Sion et de Viège, ainsi que la loi sur les routes qui permit le développement des vallées.

A l’échelon national, il fut membre du Conseil national (1921-1925 et 1928-1943, président en 1936-1937) puis du Conseil des Etats (1943-1955), où il défendit l'agriculture et la viticulture. Après son retrait du gouvernement valaisan, il prit la tête du syndicat pour la réalisation du tunnel routier du Grand-Saint-Bernard. Il imposa ce projet malgré de vives oppositions. Au rang des autres réalisations à mettre à son actif, ce conservateur progressiste, qui faillit même devenir conseiller fédéral en 1940, contribua aussi à l’essor touristique du canton. Visionnaire, il fut l’accoucheur du Valais moderne. Il quitta ce monde en 1961.

 

Albert Maret (1900-1984)
Le nom d’Albert Maret est intimement lié à ce qu’on a appelé l’épopée des grands barrages. L’œuvre marquante de cet ingénieur, né à Champsec en 1900, se dresse incontestablement sur les hauts de Mauvoisin. La mise en route de celui qui sera l’un plus hauts ouvrages à voûte du monde dura plusieurs années. Il fallut d’abord obtenir les concessions des différentes communes concernées, puis construire, dès 1949, la route qui allait relier Fionnay à Mauvoisin.

Les travaux du barrage à proprement dit débutèrent en 1951. Au pied du chantier, une véritable petite ville fut érigée afin d’y loger les quelque 1800 ouvriers qui œuvrèrent à son édification. Le géant des Alpes fut inauguré en 1958. Albert Maret participa aussi à l’édification des barrages de Salanfe et d'Emosson.

L’incroyable bâtisseur s’est aussi engagé en politique, tant sur le plan communal que cantonal. Il sera président de la commune de Bagnes entre 1957 et 1960, puis conseiller communal. A la même époque (1957-1965), il sera également député au Grand Conseil.

Homme de plume, attiré dès ses plus jeunes années par la littérature, il restera un poète méconnu. Il décèdera en 1984.

 

Rodolphe Tissières (1911-1996)
Fin stratège et pionnier, Rodolphe Tissières est incontestablement l'homme qui a mis Verbier sur les pistes de la renommée. C’est lui qui, dès les années 50, sera le moteur du développement des remontées mécaniques, notamment celles de Médran, des Attelas et du Lac des Vaux. Fondateur de la société Téléverbier, il n’aura de cesse d’étendre le domaine skiable de la station. D’aucuns se souviennent aussi de l'empoignade mémorable qui s’était déroulée sous l’œil des caméras de la télévision en 1976, entre l’écologiste Franz Weber et le promoteur au sujet de l’altiport de la Croix-de-Cœur.

Homme engagé, il sera aussi, tour à tour, conseiller municipal, préfet du district de Martigny (1949-1957) et conseiller national conservateur (1967-1975). Avocat-notaire, professeur de ski, pilote, membre d'honneur de l'Association suisse des guides de montagne, il cumulera bon nombre de casquettes dont celle de colonel de brigade à l’armée. C’est d’ailleurs à ce titre qu’aux côtés de son ami le futur conseiller fédéral Roger Bonvin, il cofondera la fameuse Patrouille des glaciers, réservée à l’époque aux troupes de montagne. La première édition de ces joutes eut lieu en 1943, en pleine Seconde guerre mondiale.