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Les glaciers

Impressionnantes, ces gigantesques langues de glace figurent au rang des merveilles que la nature nous offre. Un monde inoubliable et malheureusement victime du réchauffement climatique.

Le glacier du Giétro
Recroquevillé sur les hauts d’une falaise qui surplombe le barrage de Mauvoisin, le glacier du Giétro souffre particulièrement du réchauffement climatique. Entre 1985 et 2015, son front a reculé de plus de 500 mètres.

Tristement célèbre, il rime avec la fameuse débâcle du Giétro et fait l’objet de plusieurs livres et d’un docu-fiction signé Christian Berrut, sorti sur les écrans en 2018. Le 16 juin 1818, une barrière de glace céda et libéra une gigantesque vague qui déferla jusqu’à Martigny en ravageant tout sur son passage. Quarante-quatre personnes perdirent la vie en 90 minutes et des centaines de maisons furent détruites. La région mettra plusieurs années à se remettre de cette catastrophe naturelle.

Entre autres stigmates encore visibles de cette mortelle crue : une inscription gravée dans la pierre indiquant le niveau d’eau atteint par les eaux, à découvrir sur les murs de la petite chapelle de Champsec (anéantie par les flots puis reconstruite en hauteur). De nos jours encore, la vigilance perdure et le glacier reste sous surveillance.

Ce drame incitera les experts à se pencher plus avant sur le comportement de ces monstres des montagnes et donnera naissance à la théorie glacière puis, plus tard, à la glaciologie. Afin de rendre hommage à l’un des précurseurs de cette théorie, l’ancienne demeure de Jean-Pierre Perraudin (1767-1858), paysan de Lourtier, s’est muée en 1993 en Musée des glaciers.

Le glacier de Corbassière
Point de départ de très belles ascensions, le glacier de Corbassière naît à plus de 4000 mètres d’altitude, sur la face nord du Grand Combin, et s’étire sur environ 10 kilomètres. Sa longueur lui vaut d’ailleurs le titre de cinquième plus grand glacier de Suisse. Victime lui aussi du réchauffement climatique, il recule malheureusement, chaque année, de 5 à 6 mètres.

Si ce repli est plus que regrettable, il a cependant été le moteur de la création d’un ouvrage de haut vol : lapasserelle de Corbassière. Car ce funambule des cimes est le résultat d’une équation à résoudre : relier les cabanes de Panossière et de Brunet en remplaçant le sentier rendu dangereux par la fonte du permafrost. Enjambant la moraine de la langue glacière à quelque 70 mètres du sol, cet élégant pont suspendu de 190 mètres de long peut, en effet, se targuer d’être un des plus hauts d’Europe.